the_killer_inside_me_18802_1891699007Les films se suivent et ne se ressemblent pas. Pour preuve, après le délicieux Inception savouré il y a deux jours, le retour à une réalité brutale avec The killer inside me a laissé une véritable onde de choc dans la petite salle où étaient réunis hier une petite dizaine de spectateurs.

Je n'avais même pas vu la bande-annonce, mais le titre du film, son thème (un flic tout ce qu'il y a de plus banal se métamorphosant en tueur psychopathe), me plaisaient, parce que je me disais que souvent avec ce genre de film américain il n'y a en somme pas grand chose à craindre, on sait bien que tout ça, ce n'est que du cinéma... Et la première partie du film, presque un peu banale, avec son personnage bien lisse au visage amical, est de ce fait surprenante, tant sa banalité justement est inattendue. 

Et pourtant, çà et là, des choses nous dérangent, sèment le doute, mettent le spectateur mal à l'aise : ainsi en est-il de la première rencontre entre Lou et la jeune et belle prostituée Joyce, dans un mélange de fascination et de répulsion auquel on ne semble plus devoir désormais échapper. Le visage de Casey Affleck et la perfection de son jeu déconcertent par la candeur impeccable de son expression ; et quand soudain la violence explose, brûlante, dévastatrice, à l'écran, rien ne transparaît ensuite sur ce visage lisse et presque limpide. Le spectateur cloué au fond de son siège peine à soutenir la brutalité de cette violence presque ordinaire, et lorsque la seconde scène survient, on voudrait y mettre fin, parce que cette violence-là ne nécessite pas de trucage rocambolesque ni d'imagerie spécifique en 3D ; elle est en quelque sorte à notre porte, pas si loin.

Bien sûr derrière tout cela, il y a un mobile, et l'on comprend progressivement les raisons obscures qui peuvent pousser le jeune personnage dans cette voie sans issue. Mais ce n'est pas si évident, et l'intrigue, policière si l'on veut, n'est pas au premier plan - loin de là, même. C'est peut-être ce qu'il y a en somme de pire. Il n'est pas besoin d'y avoir une raison...