97820210C'est un tout petit livre, qui tient si légèrement dans la main qu'on se demande en le prenant quelle peut bien en être la substance. On pense, avec le titre, et le peu d'espace qu'occupent les différents petits chapitres, à quelque chose de vaporeux, et je n'aurais pas soupçonné qu'il s'agissait en réalité de l'art le plus blanc qui soit : la poésie.

A travers le parcours initiatique d'un jeune poète, le texte s'écrit comme un poème, ponctué par la mélodie des mots, la beauté du sujet, la douceur sans mièvrerie qui se dégage à chaque instant des successives pages. L'ensemble du récit s'appuie sur le thème du haïku, art de la concentration, du condensé, qui saisit chaque mot comme une pierre précieuse et la polit, la manipule jusqu'à ce qu'elle ait sa forme, sa place, sa brillance particulière. Haïkus composés par le personnage, réflexion sur le choix d'un thème ou sur la manière d'amener lumière et couleur dans la poésie du langage, autant de moments esthétiques, sans prétention ni vanité malvenues, qui ravissent le lecteur plongé à la fois dans une histoire proche du conte, et dans une méditation reposante sur ce que peut être et signifier la beauté.

J'ai tantôt songé à Wang-Fô et à certaines des nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar, tantôt aux contes japonais dont je me délectais pendant de longues heures à celles perdues de mon enfance. Difficile de transcrire des impressions de lecture à propos d'un ouvrage dont je crains de parler trop lourdement, ou à tort, ou à travers...

Merci à Céline de m'avoir permis de découvrir cet opuscule lors du swap Happy Face !

Je sais que Gio l'a lu et je gagerais qu'elle a adoré ce genre de lecture ; Stephie aussi, tout comme Pimprenelle ! Pour n'en citer que quelques-un(e)s parmi tant d'autres ...